Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
4 avril 2008
Le maître mot, dû en grande partie aux mises en demeure communautaires, tient au développement des énergies renouvelables. Avec cette question importante, mais souvent occultée : quelle peut être la proportion d'énergie solaire dans la production (centralisée) d'électricité. Je vais prendre des exemples.
Quel est votre premier exemple ?
L'un de nos producteurs d'électricité et de gaz (POWEO) a décidé de créer près de Perpignan une centrale solaire (photovoltaïque) qui devrait bientôt fournir une puissance de 3 MW, POWEO souhaitant atteindre (d'ici 2012) une puissance électrique de 600 MW issue des énergies renouvelables. Sur ces 600 MW, 40 MW seulement devraient être dus à l'énergie solaire, donc assez peu en proportion. Ce qui prouve bien qu'il est difficile actuellement de faire appel à cette seule énergie. Sans stockage et transformation du solaire en hydrogène ou en hydrures, les possibilités d'extension resteront limitées. On estime, néanmoins, qu'en France, en 2010-2012, de telles installations photovoltaïques centralisées devraient correspondre à une puissance totale de 150 MW. Un autre exemple vient d'ailleurs confirmer cette croissance potentielle, même si elle est limitée.
Quel est ce deuxième exemple ?
Celui d'un autre fournisseur d'électricité, Electrabel France (groupe Suez), qui doit réaliser une installation de 150 000 à 250 000 panneaux voltaïques à Curbans (Alpes de Haute Provence), sur un terrain de 300 hectares. Dans la même zone ensoleillée et à peu près à la même altitude (1000 m) que celle du premier site COSTIC de Digne ayant servi aux tests de durabilité des capteurs solaires à la fin des années 1970. Ca devrait être, pendant un certain temps du moins, l'installation européenne la plus importante de ce type. Sa puissance (crête) sera de 30 à 50 MW, Ce ne sera qu'une faible partie de la production Electrabel.
Est-ce, néanmoins, le début de l'électricité verte ?
Sans aucun doute. Un arrêté du 8 Novembre 2007 vient définir d'ailleurs ce qu'il faut entendre par là. En indiquant les spécifications minimales des productions électriques correspondantes, soit éolienne, soit solaire, soit à partir de biomasse, soit à partir de gaz issus de déchets divers, soit à partir de sources renouvelables un peu moins significatives (marée, houle, hydraulique). Cet arrêté prend également en compte les cogénérations, dans des conditions qui peuvent d'ailleurs être assez fortement critiquées. C'est donc à une définition assez large de l'électricité verte que nous assistons, les fournisseurs ayant obligation (depuis Juillet 2004) de préciser la répartition des différentes sources d'énergie utilisées pour la production d'électricité. J'avoue ne pas savoir quelle sera l'utilité finale de cette exigence, mais il faut néanmoins noter ici qu'il s'agit d'une aide probablement utile au développement des énergies renouvelables. Avec la réserve, encore une fois, de ne pas oublier qu'il faut ajuster les charges du réseau à chaque instant, et que l'électricité elle-même se stocke mal ou coûteusement.
Ce système permettra-t-il de satisfaire les exigences communautaires ?
Vous voulez sans doute faire allusion à l'exigence de 20 % au moins d'énergie renouvelable en 2020. Vu sous l'angle de la maîtrise des dégagements de CO2 cette règle devrait prendre en compte l'énergie nucléaire, mais ce n'est pas dans l'esprit de la Communauté. Il n'en reste pas moins que si vous vous basez sur le bilan carbone vous aboutissez à des résultats que j'ai déjà signalés. Tout ceci est d'autant plus important que 90 % de la production de froid est électrique, et qu'il est difficile d'imaginer qu'il puisse y avoir un ratio très différent.
Ce système pénalise-t-il ou non la climatisation ?
Ce sujet est plus délicat. Avant de parler de climatisation, il nous faut, en effet, revenir sur les procédures d'évaluation des consommations, en chauffage comme en climatisation : c'est ce que nous commencerons à faire la semaine prochaine.
Roger CADIERGUES
